La genèse du Bitcoin expliquée - Logon Time

La genèse du Bitcoin expliquée

LA GENÈSE DU BITCOIN EXPLIQUÉE

 

logon time

 

 

Avant de savoir pourquoi le Bitcoin a été créé, il faut se poser la question du rôle que l’argent lui-même a joué dans la crise monétaire et le rôle que les gouvernements et les banques jouent dans l’argent. Pourquoi notre argent est-il contrôlé par les banques centrales ? Pourquoi le Bitcoin est une révolution monétaire ?

L’origine de la crypto monnaie Bitcoin est née du mouvement Cypherpunk, qui est composé d’amoureux d’Internet. Les Cypherpunks, qui ont émergé au début des années 90, se souciaient énormément du concept de la vie privée et de la liberté personnelle, et beaucoup de gens avaient alors déjà conçu leurs propres systèmes de sécurité. Ces derniers étaient passionnés de cryptographie et ont imaginé que l’on pourrait donner naissance à un autre monde grâce à Internet. Un monde en dehors de l’État-nation et en dehors des structures de pouvoir et des hiérarchies qui y sont associés, ces gens ont parlé du besoin et de la possibilité d’une monnaie numérique qui soit anonyme ou pourrait être rendu anonyme par la cryptographie. Beaucoup de projets de création d’une monnaie virtuelle ont été très proches de se concrétiser. Celui qui en a été le plus proche était le projet “DigiCash” de David Chaum, inventeur de protocoles cryptographiques.

Ce projet pilote de DigiCash a découlé du fait que l’anonymat des paiements est essentiel pour la démocratie. La raison n’est pas qu’on ait besoin d’être capable de faire des paiements privés pour s’exprimer mais plutôt, afin de s’informer, on doit avoir besoin d’acheter des informations. C’est ce qui vous permet d’avoir des opinions méritant d’être exprimées. Les cypherpunks ont vu dans le projet de David Chaum un moyen d’ôter des pouvoirs au gouvernement et en donner à l’individu. Mais le projet DigiCash de David Chaum n’a pas pu aboutir avec le soutien des cypherpunks car David Chaum a commencé à en parler aux institutions et aux banques.

Est alors apparu Satoshi Nakamoto, dont on ne connaît la véritable identité. Ce qu’il a fait en 2008, c’est de prendre une grande partie de ces idées et les faire fonctionner. Il a créé un protocole basé sur le cryptage, pas vraiment une monnaie, mais en utilisant un grand livre comptable appelé la “chaîne de blocs” (en anglais “blockchain”), permettant de nombreux types de transactions. Des contrats et autres peuvent être construits dans la chaîne de blocs. Cela se fait par un système de consensus où de multiples ordinateurs participent tous à la gestion de la chaîne de blocs, une sorte de document numérique qui garde la trace de tous les paiements.

Concrètement comment cela fonctionne ? L’approvisionnement d’argent peut être contrôlé par un ordinateur. Le rôle  de l’ordinateur est de tenir ce grand livre comptable et de le distribuer. Il n’y a pas de serveurs centraux. Tous les autres grands livres, ceux des banques, des entreprises, restent au sein d’une société. Ils ont donc un point d’attaque. Ils peuvent être piraté. JP Morgan a été piraté par des cyber voleurs par le passé. Des entreprises comme Home Depot ou Target se sont fait pirater précisément parce qu’il y a un dépôt central de l’information. Le grand livre comptable du Bitcoin est lui sur des milliers d’ordinateurs et il est par conséquent impossible de tous les pirater. Chaque transaction est enregistrée et une fois qu’elle est enregistrée, elle y est de manière permanente, elle ne peut être altérée ou modifiée pour qu’on puisse la lire. Les identités des gens sont cryptées, les portefeuilles sont cryptés pour qu’on ne sache pas qui dépense l’argent. Mais on sait que chaque Bitcoin a une histoire.

Les parties les plus importantes de l’infrastructure du Bitcoin sont les “mineurs”. Ce sont les ordinateurs qui ont pour tâche de s’occuper de la maintenance du grand livre de la chaîne de blocs, de vérifier l’information, l’actualiser et s’assurer qu’elle est fiable. Comment les incite-t-on a le faire ? En même temps qu’ils doivent confirmer le processus des transactions, ils sont simultanément soumis à un test informatique très difficile. Le protocole Bitcoin les force à chercher un nombre. Tous ces mineurs sont en compétition pour être celui qui reçoit cette récompense toutes les 10 minutes. Ils sont alors récompensés par le Bitcoin, mais la tâche la plus importante est la validation et la vérification des transactions et la maintenance du grand livre. Le Bitcoin est le premier à réussir cet exploit de l’échange de valeur décentralisée. Le Bitcoin transfère ce processus de confiance vers un accord collectif autour d’un ensemble d’ordinateurs indépendants. Ces ordinateurs sont forcés par un système incitatif à maintenir ce consensus et affirmer que l’information est correcte, en cela le bitcoin possède un concept incroyablement libérateur car il supprime tous ces intermédiaires. Le plus important derrière le Bitcoin n’est pas la monnaie. Le facteur clé, c’est la chaîne de blocs.

L’argent est un système de comptabilité. C’est un moyen de savoir qui a quoi, qui doit quoi à qui. Il faut donc quelqu’un pour être le fournisseur central. Quelqu’un doit être la tierce partie de confiance.  Mais n’oublions pas que l’argent est juste un système de comptabilité. Le Bitcoin est donc également un système de comptabilité. C’est un moyen d’enregistrer des transactions, de la valeur et cela est fait en numérique, donc on peut se l’envoyer directement, et tout est enregistré dans le grand livre comptable ouvert (un registre). En suivant et en actualisant ce livre dans un système de consensus collectif, on se passe d’un intermédiaire qui doit être le dépositaire de toutes les informations. (Banque / Gouvernement). C’est ce qui permet d’éviter les frais, les inefficacités et au bout du compte le potentiel de corruption et le risque qu’implique de centraliser des informations (Tierce partie centralisée : Banque). Cela prend cette fonction de tierce partie de confiance et cela l’automatise. Cette automatisation est mise dans un grand livre comptable qui est mis en ligne, que tout le monde peut voir où chaque Bitcoin est comptabilisé. On sait donc qu’on ne peut avoir de Bitcoin de contrefaçon. Ce qui est remarquable dans cette idée du Bitcoin, c’est qu’elle ait été lancée quelques semaines après la chute de Lehman Brothers quand tout le système a failli s’effondrer. La crise a montré que le système avait des défauts majeurs. Lorsqu’un système ne marche pas, les gens ont besoin d’une alternative. Satoshi Nakamoto a donc travaillé sur un nouveau système monétaire électronique entièrement pair-à-pair, sans tierce partie de confiance.

Vous comprendrez la puissance du Bitcoin à partir du moment où vous aurez intégré le fait qu’il n’est pas contrôlé par un organisme central ou une personne centrale. Cela signifie donc qu’on ne peut pas le supprimer. Quand sa valeur grandira, on lui trouvera de plus en plus d’utilité. La beauté mais aussi le danger du Bitcoin, c’est qu’il est facile à transférer, anonyme. Et d’ici 2140, il y en aura 21 millions, c’est le seuil du montant maximum de circulation du Bitcoin.

Avant si on voulait envoyer un objet de valeur par internet, il fallait impliquer quelqu’un d’autre. Il fallait avoir une carte de crédit ou Paypal, ou une banque impliquée dans la transaction. La promesse du Bitcoin, c’est qu’on envoie directement cette monnaie à une autre personne et le réseau Bitcoin remplit la fonction que normalement Paypal, une banque ou une société de crédit remplirait. Le Bitcoin est remis entre les mains de tous. Tous les participants au système Bitcoin contrôlent son fonctionnement. Alors le Bitcoin est-il une monnaie démocratique ? Une monnaie honnête ? Nous ne sommes qu’au début de la réponse…

Partagez cet article